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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
BROSSE Laurent
 
 
Archives de la famille

est né le 21 mai 1920 au bourg de Ferrières-sur-Sichon (03). Son père Pierre est journalier, sa mère Claudine née FOURNIER est femme au foyer.
 
Il est adopté par la Nation suite au jugement du Tribunal Civil de Cusset en date du 29 octobre 1930.
 
Incorporé au Groupe N° 4 des Chantiers de Jeunesse du 16 mars au 10 octobre 1941, il exerce à son retour la profession de cordonnier à Ferrières-sur-Sichon.
 
Photo: Archives de la famille
 

Selon plusieurs attestations de responsables du mouvement «Combat», il effectue dès mars 1942 «de nombreuses liaisons avec les groupes clandestins dans la Montagne Bourbonnaise où il a aidé à transporter armes et matériel ainsi que le ravitaillement jusqu'à son arrestation le 23 novembre 1943».

En mars 1943 il est recensé pour le S.T.O. (Service du Travail Obligatoire).
 
Par la loi du 16 février 1943 du gouvernement de l'Etat Français est créé le Service du Travail Obligatoire qui impose aux hommes nés en 1920-21-22 d'aller travailler pendant deux ans en Allemagne.

Mais réfractaire au dit S.T.O., c'est-à-dire refusant de travailler pour l'ennemi,  il quitte Ferrières-sur-Sichon où sévissent des collaborateurs, les FRADIN père et fils, pour se réfugier dans la ferme des NINCK au lieudit La Bouloise à Lusigny (03).

Dénoncé, il est arrêté le 23 novembre 1943 à Lusigny par la Gestapo de Moulins.

Motif de l'arrestation: «Il aurait touché la prime de 1000 francs et l'équipement comme travailleur volontaire en Allemagne. Il serait néanmoins resté en France, ce qui a motivé son arrestation sur l'ordre de la Police de Sûreté de Vichy».

Il est alors interné à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03), jusqu'au 17 novembre 1943, date de son transfert à Compiègne.

Il est déporté le 22 janvier 1944 de Compiègne à Buchenwald par le convoi référencé I.172 par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il reçoit le matricule N° 42619 et, après la quarantaine au Petit Camp, est transféré au célèbre tunnel de Dora, puis au kommando de Blankenburg.
 
Blankenburg ou«Klosterwerke» ou «Osig»: Kommando des KL Buchenwald-Dora. La commune de Blankenburg, située dans la partie nord-est du Harz sur le versant opposé à Nordhausen accueille à partir d'août 1944 différents sites où travaillent les détenus. Le Kommando de Klosterwerke, du nom des usines de la plus grosse entreprise locale, est lié au camp de Dora. Il faut agrandir des galeries existantes pour y installer des machines pour la production d'armes et construire des bâtiments pour la S.S. D'autres firmes, Reinghause, Weiss et Schreyber, emploient également des détenus. Au 25 août 1944 on y compte au moins 500 détenus dont beaucoup de Belges. Le site est évacué le 6 avril 1945 vers Magdeburg.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Le 6 avril 1945 les déportés sont évacués à pied par marches forcées vers Magdebourg où ils arrivent le 8 avril. Là ils sont embarqués sur la péniche hollandaise Wilma, puis à Lauenburg ils prennent le canal Elbe-Lübeck.

Ils arrivent le 12 au soir à Lübeck et le 13 partent à pied pour Sarau-Glasau où ils sont enfermés dans une grange jusqu'au 30 avril. En vertu d'un accord entre Bernadotte et Himmler, des camions de la Croix Rouge suédoise viennent chercher des déportés de certaines nationalités, française, belge, luxembourgeoise, néerlandaise entre autres. Ils repartent sur Lübeck.

Le 1er mai 1945 ils sont évacués en bateau vers la Suède, échappant ainsi à la tragédie de la Baie de Lübeck, et débarquent dans le port de Trelleborg.

La tragédie de la Baie de Lübeck
Le même jour (le 1er mai 1945) ceux qui n'ont pas eu la chance d'être transférés en Suède sont embarqués à bord de trois bateaux, le Cap Arcona, l'Athen et le Thielbeck. Le 3 mai ces trois bateaux sont bombardés par erreur par la Royal Air Force qui pensait que ces bateaux étaient occupés par des militaires allemands. Environ 7500 déportés périrent dans cette tragédie.
 
 
Après quinze jours de quarantaine il est transféré dans le camp temporaire de Liatorp le 17 mai. Puis le 13 juin il est envoyé à Ryssby au bord du lac Stensjön. Selon sa carte il quitte la Suède le 26 juin 1945.
 
 
Après quinze jours de quarantaine il est transféré dans le camp temporaire de Liatorp le 17 mai. Puis le 13 juin il est envoyé à Ryssby au bord du lac Stensjön. Selon sa carte il quitte la Suède le 26 juin 1945.

Document ci-contre : carte d'embarquement tenant lieu de passeport/laissez-passer fournie par les autorités suédoises pour le retour en France. Source: Archives Nationales Suédoises vol. E 11: 18.

 
Il adhère à l'Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l'Allier.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 92714), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française). Certificat d'appartenance N° 4561 du 27 juillet 1948.

Pourtant c'est la carte de Déporté Politique N° 1 111 24940 qui lui est attribuée le 13 mai 1958 par le Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.


DIAC Clermont-Ferrand

Source du document de gauche: Archives de l'Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l'Allier.

Source du document de droite: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

Il est considéré comme réfractaire au S.T.O. du 7 mars 1943 au 23 novembre 1943, période reconnue comme une égale période de service militaire actif en application de la loi N° 50.1027 du 22 août 1950.

Le 30 août 1952 il épouse Marie  BARGE à Cusset (03).

Il décède le 22 mars 1995 à Vichy (03).



 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 1289 W 91, 1 R 1940.1079.852, Recensement S.T.O. 778 W 18,

- Archives de l'Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l'Allier.

- Archives de la famille

- Archives Nationales Suédoises vol. E 11: 18

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat civil de Ferrières-sur-Sichon (03)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- Office Départemental des Anciens Combattants de l'Allier

- Service Historique de la Défense  GR 16 P 92714

 
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