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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
MESNIER André Marie Joseph
 
 
Archives de la famille

est né le 20 août 1902 au domicile de ses parents au N° 25, rue Saint-Patrice à Rouen (76). Son père Léon Charles est entrepositaire à la SNCF et sa mère Marguerite née HUTTANT est femme au foyer.

Issu d'une famille modeste il est l'aîné de cinq enfants. Elève au Lycée Corneille à Rouen il y prépare avec succès l'entrée à l'Ecole Polytechnique le 3 octobre 1923. 
 
Photo: Archives de la famille. 
Il choisit comme école d'application l'Ecole du Génie à Versailles. Il est affecté au 18ème Régiment du Génie à Nancy (54), puis aux troupes du Levant (Syrie et Liban) comme adjoint au chef du service des transmissions. C'est à Lattaquié, Syrie, qu'il épouse Marie-Hélène DELATTRE. Ils ont deux filles, Michelle et Martine.
 
Le lieutenant MESNIER revient à Paris en 1933, affecté à l'Etablissement Central du Matériel des Transmissions, ce qui lui permet de suivre en parallèle les cours de spécialisation de la section radio de l'Ecole Supérieure d'Electricité dont il sort diplômé en 1934. Il est alors promu capitaine.

Source de la photo ci-contre: Service Historique de la Défense  GR 8 YE 18317 transmise par François Romon.

En 1937, il effectue son temps de commandement au 38ème Régiment du Génie à Montargis (45). C'est là, à la déclaration de la guerre, qu'il reçoit son ordre de mobilisation pour prendre le commandement des Transmissions de la 19ème Division d'Infanterie où il rend d'immenses services et reçoit une citation.

Selon le témoignage de sa fille, «après l'Armistice de juin 1940, il refuse de brillantes situations qu'on lui propose alors dans le privé pour se consacrer activement au relèvement de la France. Il est affecté à la Direction des Services de l'Armistice (DSA), à l'Hôtel Thermal à Vichy. Il sera promu commandant en 1942. Il habite avec sa femme et ses enfants au 13, rue de Normandie.

Dès son entrée en fonctions, il se consacre avec acharnement à la défense des intérêts de la France, avec une persévérance et un courage qui le conduiront au bagne nazi et à la mort.»

Il considère Paul LABAT, organisateur du camouflage des officiers des Transmissions patriotes en ingénieurs des PTT, au sein du Cadre spécial temporaire des transmissions de l'état (CSTTE), comme son chef. Il utilise sa position à la DSA pour couvrir les activités secrètes de résistance des transmetteurs au sein même des organismes officiels du régime de Vichy, notamment celles des Services Radioélectriques de Sécurité du Territoire (SRST) dirigés par Marien LESCHI à Lezoux (63), du Groupement des Contrôles Radioélectriques (GCR) dirigé par Gabriel ROMON à Hauterive (03) et du Service des Etudes du Matériel (SEM) à Lyon (69) dont le responsable est André ANGOT.

Il communique directement ou indirectement (via les maquis) à Londres des informations sur les forces d'occupation d'importance stratégique pour la France Libre et les Alliés. André MESNIER est arrêté par la Gestapo, à son bureau de l'Hôtel Thermal, le 20 mai 1944.

Source du document ci-contre: Archives Municipales de Vichy H 101 Boîte N° 5.


Il est transféré le lendemain à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03), où il reste trois jours pendant lesquels il est torturé. Il est ensuite interné pendant un mois au camp de Compiègne.

Le 18 juin 1944 il est déporté de Compiègne au camp de concentration de Dachau où il arrive le 20 dans le convoi N° I.229. Il y reçoit le matricule N° 72781. et après la quarantaine il est transféré au kommando d'Allach.
 
 
Source du document ci-dessus: Mémorial annuaire des Français de Dachau.

Après la quarantaine il est transféré au kommando d'Allach.

Allach: Kommando du KL Dachau. Ce kommando qui est situé à 15 km de Dachau est créé le 17 mai 1944. Il fait travailler les déportés d'abord pour une manufacture de porcelaine, puis pour la firme BMW (fabrication de moteurs d'avion) et enfin pour différents chantiers de l'Organisation TODT (chargée de constructions militaires dans un but défensif: par exemple en Allemagne bunkers et en France, le Mur de l'Atlantique). Ce kommando a compté jusqu'à 3850 détenus.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
 
 
André MESNIER cache sa haute formation scientifique pour ne pas avoir à être utilisé (dans des conditions pourtant plus favorables…) comme ingénieur dans les usines d'armement allemandes. A Allach il travaille comme manutentionnaire pour BMW (Bayerische Motoren Werke).
 
Il décède à Dachau le 20 décembre 1944 selon l'état civil de Rouen et de Vichy.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 413424), il est homologué en tant que Résistant au titre des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).
 
Hommages posthumes:
Son nom figure sur la plaque commémorative apposée au Mont-Valérien à la mémoire des « 56 martyrs de la Résistance des Transmissions ».

Il est nommé Lieutenant-colonel et décoré de la Légion d'Honneur à titre posthume.

Un amphithéâtre de l'Ecole d'Applications des Transmissions de Montargis et une rue de cette ville portent son nom, associé à celui de son camarade Gabriel ROMON, lui aussi arrêté par la Gestapo en Allier, déporté et "Mort pour la France".
 
Hommage de sa fille Michelle
"André MESNIER nous laissera à tous un souvenir de droiture, de dévouement et un exemple de sacrifice total pour sa patrie."
 
 
Son nom figure  sur la liste des 68 Polytechniciens "Morts en déportation" par mesure de répression ou de persécution. Les noms sont inscrits selon l'année d'entrée à l'Ecole Polytechnique, 1923 pour André MESNIER.

                                               Source du document ci-dessus: site Internet X-resistance.org/deport.


Sources:

- Archives de la famille

- Archives Municipales de Vichy H 101 Boîte N° 5

- Ecole Polytechnique

- Etat civil de Rouen (76) et de Vichy (03)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial annuaire des Français de Dachau Amicale des Anciens de Dachau 1987
 
- Remerciements à François Romon pour sa contribution concernant le Service des Transmissions

- Service Historique de la Défense  GR 8 YE 18317 et GR 16 P 413424
 
- Témoignage de sa fille, Michelle Mesnier
 
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