Err

Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
GOLDSCHNEIDER Abraham
 
 

Est né le 29 janvier 1899 à Cracovie (Pologne). Il est le fils de Moses et Lea. 

A 18 ans il émigre à Berlin (Allemagne) où il rencontre Chaya SPIELMANN née le 11 février 1898 à Radlow (Pologne) de Leiser et Anna née AMSTER. Il l'épouse le 28 décembre 1923 et ils ont une fille Gisela née le 27 mars 1925. 
Il exerce la profession de marchand de tissus à Berlin (Allemagne) où ils sont domiciliés au N° 30,  Gypsstrasse.
 
Source de la photo ci-contre: Office des Etrangers de Belgique.

 En juin 1938, ils font une demande de visa de 15 jours pour rendre visite  à de la famille  à Anvers (Belgique). Après la Nuit de Cristal du 9 au 10 novembre 1938 il se réfugie à Anvers. Il fait une demande datée du 27 novembre 1938  pour émigrer en Belgique en tant que réfugié politique:
" Le motif de notre (mon) émigration est le suivant ""Par suite des derniers événements au Reich et les représailles que le gouvernement a pris envers les Juifs, j'ai été forcé de quitter le pays pour ne pas être mis en camp de concentration"".

Il habite chez un oncle et y est rejoint par son épouse et sa fille le 25 janvier 1939. Ils habitent ensuite au N°1, Schelpstraat dans la commune de Berchem et sont considérés comme apatrides d'origine polonaise.

Le 10 mai 1940 l'Allemagne nazie envahit la Belgique. Abraham GOLDSCHNEIDER et sa famille quittent la Belgique pour se réfugier à Villebret (03).

 
Source de la photo ci-contre: Archives de la famille.
Archives de la famille

Il se fait recenser à Villebret comme Juif étranger conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 de l'Etat Français.

Source: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.

Son nom figure sur la liste des personnes arrêtées par la police française à Villebret dans la Rafle du 26 août 1942. Mais il a dû être arrêté avant selon le témoignage de sa fille Gisela en annexe.
 

La Rafle du 26 août 1942

La Rafle de Juifs étrangers le 26 août 1942 dans les 40 départements de la Zone Libre est le pendant de la Rafle du Vel' d'Hiv' des 16 et 17 juillet en Zone Occupée.
Les deux rafles sont le résultat d'un accord signé le 2 juillet 1942 entre le général SS OBERG, commandant la police et le SD allemands, et René BOUSQUET, secrétaire général à la Police du gouvernement LAVAL.
En clair les Juifs étrangers ont été livrés aux nazis.


Il est interné au Camp du Textile à Prémilhat (03) où sont rassemblées les personnes arrêtées dans les quatre départements de la région Auvergne.

Le 3 septembre 1942 il fait partie des 144 personnes qui partent de la gare de Montluçon. Il a le N° 30 sur la liste.
 
 

 Source: Liste des transferts de Montluçon à Drancy transmise par Serge Klarsfeld.

 

La veille de son départ de Drancy pour Auschwitz il adresse à sa famille une carte où figurent des éléments codés pour son épouse.

Archives de la familleArchives de la famille

Source du document ci-dessus: Archives de la famille.

                                                           Drancy le 13.0.1942

Mes chers,

Je te fais savoir qu'on m'a transporté de Montluçon à Drancy où j'ai rencontré beaucoup d'amis qui m'ont transmis des compliments de Leboz. Demain on va partir vers l'est Metz. J'ai bon courage et suis en bonne santé.

Soyez en bonne santé et beaucoup de baisers.

La clef est chez M. Ehrlich.                          Wromek

Leboz: nom codé pour Lebowitz, un ami d'Abraham à Zurich. Abraham indique ainsi à son épouse qu'elle doit se rendre en Suisse.

Ehrlich: nom codé

Wromek: diminutif affectueux d'Abraham.

Le 14 septembre 1942 il est déporté de Drancy à Auschwitz par le convoi N° 32.


Document ci-dessus: Extrait de la liste du convoi N° 32. Source: Mémorial de la Shoah C 32_47.

Dans Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Serge Klarsfeld écrit à propos du Convoi N° 32: "Il y a 640 hommes et 340 femmes dans ce convoi où l'on compte plus de 60 enfants (sans oublier ceux qui se trouvent parmi les 220 déportés dont on ignore l'âge). (...) A leur arrivée à Auschwitz le 16 septembre, furent sélectionnés 58 hommes qui reçurent les matricules 63898 à 63953 et 49 femmes qui reçurent les matricules 19772 à 19820. Le reste du convoi fut immédiatement gazé à l'exception des hommes qui furent sélectionnés avant l'arrivée à Auschwitz à Kosel. (...) En 1945 il y avait à notre connaissance environ 45 survivants de ce convoi."

Il décède au cours de la Shoah selon Yad Vashem.

"Mort en déportation" suivant l' arrêté de la Directrice Générale de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 22 juin 2016 paru au Journal Officiel N°168 du 21 juillet 2016.


Le 5 novembre 1942 Abraham GOLDSCHNEIDER et son épouse Chaya sont condamnés par défaut chacun à 400 francs d'amende et 60 francs de contravention  par le Tribunal Correctionnel de Montluçon pour
"avoir omis à Villebret, depuis le mois de mai 1940, sans excuse valable de solliciter la délivrance d'une carte d'identité d'étranger.
avoir effectué le déplacement de Villebret à Montluçon le 18 juillet 1942 sans s'être muni d'un sauf conduit, contravention connexe".

La justice ignorait-elle qu'Abraham GOLDSCHNEIDER avait été arrêté dans la Rafle du 26 août 1942???


Annexe:

Témoignage de Gisela PREISS-GOLDSCHNEIDER transmis à l'AFMD de l'Allier par elle-même.

L’histoire d’une survivante de l’Holocauste née à Berlin le 27 mars 1925 transcrite le 12 août 2003 par Madame Halpern à Zurich, revue et terminée par Madame Monica Melman le 18 juillet 2005.

«  Je suis née à Berlin le 27 mars 1925, mon père à Cracovie (Pologne) et ma mère à Radlow près de Tarnow (Pologne). Mon père a fréquenté l’Ecole de Commerce de Cracovie, parlait parfaitement l’allemand et émigra à Berlin vers l’âge de 18 ans. Un frère de ma mère habitait déjà à Berlin et en 1923 il la fit venir. Mon oncle connaissait déjà mon père et organisa leur Schidech.

Puis mes parents gagnèrent leur vie sans moyens financiers en vendant des tissus et des coupons. Ils montèrent leur affaire dans une pièce dans notre appartement. Mes parents avaient une nombreuse clientèle  et nous pûmes à cette époque-là gagner notre vie convenablement. Ma mère était tout à la fois une femme d’affaires compétente, ménagère et mère. A Berlin j’ai fréquenté l’école primaire, puis le collège. L’école s’appelait « Grosse Hamburgerstrasse » et était juive bien sûr.  Je n’ai pas pu fréquenter d’autres écoles, car le jour où eut lieu la Nuit de Cristal (9/10 novembre 1938) il n’était plus possible de fréquenter l’école. Le professeur se rendit compte du danger et ce fut mon dernier jour d’école.

Mon père a fui en Belgique en novembre 1938. Avant de partir, mon père m’a chargé de mettre à jour les livres de compte de leur affaire. J’avais 13 ans et demi à l’époque. Je dus emmener les livres de compte au bureau des impôts. Comme j’étais plutôt grande, le fonctionnaire apparemment ne fit pas attention à mon âge. En tout cas le fonctionnaire fut convaincu que j’avais tout rempli correctement. Mon père donc a fui en Belgique en novembre 1938 en passant la frontière illégalement et a vécu au début chez un oncle à Anvers. En janvier, deux mois plus tard, ma mère et moi avons réussi à passer la frontière en Belgique après avoir marché pendant trois heures et demie avec un guide à travers des champs couverts de neige. J’avais 14 ans à l’époque. Je souhaite ajouter que je n’avais ni frères ni sœurs.

A Anvers j’ai fréquenté une école technique, mais elle n’était pas juive. J’ai appris toute seule le flamand et j’étais dans la section Tailleur ; en outre je fréquentais une école de commerce.

Jusqu’en mai 1940 nous avons pu vivre à Anvers  jusqu’à ce que les armées d’Hitler envahissent la Hollande et la Belgique. Nous réalisâmes qu’il nous fallait fuir à nouveau. Dans un wagon à charbon vide et plus tard dans un wagon à bestiaux, nous nous sommes retrouvés dans la campagne française encore inoccupée où on nous attribua un petit logement. Autant qu’il m’en souvienne,  c’était organisé par les Français et non les Juifs. Mon père fit un jardin, planta des légumes et plus tard des pommes de terre aussi. Ainsi nous pûmes nous nourrir  en partie. A cette époque-là j’ai lu beaucoup de livres en français et de cette façon je me suis plutôt bien  habituée à la langue française.

Nous avons pu rester à cet endroit jusqu’à ce que les déportations commencent. Des gens de notre connaissance appelés les Frenkel qui habitaient dans une petite ville appelée Néris-les-Bains, à environ 4 km de l’endroit où nous habitions, ont découvert par hasard que nous étions sur la liste de personnes à déporter. Au début ils n’ont rien voulu nous dire car, ce faisant, ils auraient pu mettre leur propre vie en danger. Nous fûmes donc obligés de fuir dans la forêt. A un moment et dans un lieu convenus, nos connaissances nous apportaient de l’eau et des sardines une fois par jour. Nous y passâmes trois semaines. Les nuits devenaient plus froides, donc mon père se rendit à la grande ville proche (Montluçon) pour s’enquérir auprès des Juifs français  qui n’étaient pas encore sur la liste des gens à déporter s’il y avait un itinéraire pour passer en Suisse. Nous étions convenus qu’à son retour je l’attendrais à l’arrêt du car à une certaine heure parce que nous devions changer constamment d’endroit dans la forêt et il n’aurait pas su où nous trouver. Mais mon père n’arriva pas avec le bus à l’heure prévue ni avec le suivant ni avec l’autre d’après. Je dus révéler les mauvaises nouvelle à ma mère ! Nous soupçonnâmes immédiatement la police française d’avoir reconnu mon père et de l’avoir arrêté. Il lui fut encore possible d’envoyer une carte  postale à nos connaissances qui, soit dit en passant, furent eux aussi déportés plus tard, carte postale par laquelle il nous faisait savoir qu’il avait été arrêté. Il nous envoya une seconde carte de la même adresse, le tristement célèbre camp d’internement de Drancy, carte dans laquelle il écrivait qu’il serait déporté vers l’Est le lendemain. L’Est signifiait Auschwitz. Serge Klarsfeld avait dressé une liste de noms sous la forme d’un livre  pour chaque année des déportations depuis la France, livre dans lequel je pus voir que mon père Abraham Goldschneider était arrivé à Auschwitz en 1942.

Les gens que nous connaissions voulaient nous aider et obtinrent une autorisation pour le voyage en train jusqu’à la frontière suisse et nous donnèrent des conseils quant à la façon dont nous pourrions atteindre la frontière. Le plan était que nous devions prendre le train à partir d’un lieu où il y avait moins de contrôles. On nous conseilla d’aller jusqu’à Annemasse, descendre du train, traverser le hall de la gare et puis rejoindre Genève. En route vers Annemasse nous devions passer la nuit dans une famille à Lyon. Le lendemain matin, ma mère et moi allâmes à la gare pour prendre le train pour Annemasse. Alors que nous nous préparions à prendre nos places dans le train, le monsieur chez qui nous avions passé la nuit, nous rejoignit en courant, bouleversé et hors d’haleine. Il nous courait après parce qu’il avait appris que l’itinéraire avait été révélé et que nous ne devions pas descendre à Annemasse. Ma mère était désespérée parce que c’était le seul itinéraire que nous connaissions. Le monsieur nous conseilla d’aller jusqu’à Evian et de là prendre un bateau de pêche pour passer de l’autre côté du Lac de Genève en Suisse.

Malheureusement nous dûmes être les témoins de l’arrestation des autres réfugiés à la gare d’Annemasse après leur descente du train. Nous ne connaissions pas du tout ces gens et donc n’avons pas eu l’occasion de les prévenir et en tout cas ma mère n’était elle-même pas sûre jusqu’au dernier moment de savoir si nous devions descendre ou rester dans le train. Le monsieur qui nous avait averties, nous nous en rendîmes compte plus tard, fut «  un ange venu du ciel » pour nous. Finalement nous descendîmes à Aix-les-Bains, y passâmes la nuit et le lendemain nous prîmes le train jusqu’à Evian.. Nous avions toujours peur que notre médiocre maîtrise du français ne révèle notre    qualité d’étrangères. Dans le train mentionné précédemment, une dame et un monsieur discutaient en français. Ma mère se rendit compte qu’ils avaient la même intention que nous, c’est-à-dire d’atteindre la Suisse en traversant le Lac de Genève. Ma mère lui en parla et lui demanda de nous aider. Il devait trouver un village de pêcheurs et bien sûr un pêcheur avec un bateau qui serait prêt à faire traverser le Lac de Genève à des réfugiés. Nous nous mîmes d’accord avec le monsieur avec qui nous avions discuté dans le train pour qu’il passe nous prendre à un certain endroit afin de nous emmener jusqu’au bateau de pêche. En fait le bateau fut surchargé de réfugiés  et, après une traversée pleine d’inquiétude de deux heures, nous atteignîmes Lausanne au milieu de la nuit. A ce moment-là  nous nous cachâmes dans des buissons jusqu’au lendemain matin quand nous fûmes réveillées par l’odeur du pain fraîchement cuit qui émanait d’une boulangerie proche. Comme nous avions faim, nous nous dirigeâmes directement vers la boulangerie pour acheter deux petits pains tout chauds. A peine étions nous sorties de notre cachette  que nous fûmes découvertes par la police des frontières suisse et immédiatement arrêtées. C’est ainsi que nous fûmes  internées dans un camp militaire de réfugiés ; de là à Moudon et puis à Wesen sur le Lac de Walen et plus tard à Oberhelfenschwil, tous camps   de réfugiés aussi gardés par des militaires.

Au bout d’environ deux ans, nous sommes reparties à Moudon qui était alors un camp de travail pour  femmes. Plus tard nous partîmes pour différents camps de réfugiés : Champéry, Morgins et enfin Clarens au-dessus de Montreux. Dans le camp de Wesen sur le Lac Walen nous n’avions la permission de nous promener que sous l’œil vigilant des militaires, comme des criminelles ! J’y ai travaillé et plus tard aussi au camp d’ Oberhelfenschwil comme enseignante de maternelle. A la différence de Wesen, à Oberhelfenschwil, nous pouvions nous déplacer librement. Dans le camp de travail pour femmes de Moudon j’ai dû faire des tâches pénibles à la cuisine. Il y avait de lourdes marmites dont les seuls couvercles pesaient 15 kg et des bidons de lait pesant 40 kg qu’il fallait soulever. A Clarens il était possible de fréquenter une école de langues qui comprenait un enseignement commercial.

En tout nous avons été détenues du 18 septembre 1942 jusqu’à l’été 1948, c’est-à-dire 6 ans dans différents camps en Suisse. La raison pour laquelle nous avons été internées (jusqu’à trois ans après la fin de la guerre) fut que -en raison, entre autres, du chômage de l’époque- , les Suisses avaient peur que nous prenions les emplois des autochtones. La directrice du camp de travail de Clarens tenta d’obtenir un permis de travail pour moi et aussi un permis de séjour pour ma mère et moi dans le canton de Zurich.

J’ai rencontré mon mari Natan (Nousziek) dans la cuisine des réfugiés de la maison commune de Lavaterstrasse à Zurich. Mon mari avait été détenu au camp de concentration de Buchenwald jusqu’en mai 1945. De là il arriva par un transport de la Croix Rouge à l’Hôpital Clara de Bâle. Mon mari était originaire de la banlieue de Cracovie en Pologne. Ses parents et ses deux sœurs furent déportés en 1942. Dans quel camp de concentration ? Je l’ignore. Ils y sont tous morts. Mon mari a survécu par miracle. Au camp il contracta la fièvre typhoïde avec une forte température. Soutenu par deux détenus, il fut appelé pour une sélection. Il fut sélectionné pour aller à droite – le côté de l’exécution. Malgré son état grave, il s’arracha de ses camarades et dit : « Arrêtez ! Je peux marcher ». C’est ainsi qu’il fut sauvé.

Ce que j’ai oublié de dire, c’est que pendant que nous étions encore en France – cachés dans les bois, nous devions changer de place tous les jours afin de ne pas être découverts. Nous dormions soit sur le sol soit dans une grotte que nous couvrions de fougères. Une fois au cours d’une forte tempête nous avons passé la nuit dans une chapelle.

Pendant notre séjour dans différents camps en Suisse ma défunte mère pleurait beaucoup et a beaucoup souffert. Elle ne pouvait pas surmonter le fait que mon père avait été déporté à Auschwitz. Je dus cacher ma propre douleur parce que ma mère ne pouvait plus le supporter. Je devais tirer les couvertures sur ma tête pour qu’elle n’entende pas mes sanglots.

Vers 1945, un monsieur, je pense qu’il s’appelait Wilner, est arrivé au camp de Morgins. C’était un survivant d’Auschwitz. Ma mère naturellement voulut savoir s’il avait vu mon défunt père, Abraham Goldschneider à Auschwitz. Le sort voulut qu’il ait été logé dans le même block que mon père. Il était alors chef de block. Il se souvint d’avoir parlé à mon père ; il connaissait des détails sur ma mère et moi. En entendant cela, ma mère fit une dépression nerveuse. Elle avait 46 ans.

Ma grand-mère, ma tante et un cousin habitaient à Radlow près de Tarnow. On leur fit creuser leurs propres tombes et on les abattit. Un oncle et un cousin purent s’échapper à temps vers la Sibérie et en revinrent après la guerre. Mon cousin du côté de ma mère, Lonek Kornbluth, est encore vivant et habite au Canada avec sa famille.

Les frères de mon défunt père, Chaskel et Jtzhak Goldschneider, dont j’ai fait la connaissance au début des années trente au cours d’un voyage en train en Pologne, ont été victimes de l’extermination. J’ai écrit le récit de ce voyage dans un récit séparé.

J’habite aujourd’hui dans la maison de retraite juive Hugo Mendel à Zurich parce qu’à cause de ma maladie, je ne peux plus vivre seule.

Ma fille ainée habite à Paris et a quatre enfants dont deux sont mariés. Ma fille cadette habite à Petah Tikva en Israël. Elle a aussi quatre enfants dont deux sont également mariés.

Ce que j’ai oublié de mentionner précédemment, c’est que le camp de Moudon était sévèrement gardé et on ne pouvait pas quitter le camp. C’est pour cette raison qu’avec des filles de mon âge je me suis portée volontaire pour le service du transport. Ceci impliquait soit d’aller soit de revenir de la gare pour ramener ou amener des bagages ou des marchandises. Le travail était très dur parce que le chemin était raide et bien sûr nous n’étions pas motorisées. Mais au moins de cette façon cela nous permettait de sortir du camp.

Beaucoup de prisonniers n’ont pas pu supporter les conditions inhumaines du camp  et ont donc mis fin  à leurs jours".


Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1, 996 W (778 W 15.3), 996 W 123.02, 766 W 8  N° 688/1942

- Archives de la famille

- Centre de Documentation Juive Contemporaine

- Klarsfeld Serge Liste des transferts de Montluçon à Drancy

- Klarsfeld Serge Mémorial de la Déportation des Juifs de France  FFDJF 1978

- memorialgenweb site Internet

- Office des Etrangers de Belgique

- yadvashem.org

 
©  AFMD de l'Allier