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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

TISSOT Xavier Marie Joseph Elisée Michel

Nous sommes à la recherche d'une copie de sa carte de Déporté.

est né le 16 mars 1915 au domicile de ses parents 4, rue du Gouvernement à Dole (39). Son père Benoit est professeur et sa mère Marie Alice Joséphine née BRAUD est femme au foyer.

Le 20 juin 1939 il épouse Renée PICARD à Saint-Etienne (42), ville où il est domicilié chez ses parents et où il exerce la profession d'employé.

Ex-officier de réserve il est d'abord employé au Centre d'Administration Territoriale de la 13ème Région Militaire à Clermont-Ferrand (63), puis il est nommé inspecteur adjoint au contrôle technique à la poste de Montluçon (03) où il est domicilié 21, rue Hector Berlioz.

 Source de la photo ci-contre: Archives de la famille.


En juillet 1942 il est employé au Bureau de Placement Allemand situé au N° 2, rue de Belfort à Montluçon. En fait, Xavier TISSOT est 
 agent P2 du réseau « Gallia Reims » à compter du 1er décembre 1943 avec le grade de sous-lieutenant.

Réseau «Gallia»: Gallia, en zone sud, est le plus important des réseaux de renseignement français libres créés avec le concours des mouvements clandestins. En effet, les trois grands mouvements de zone sud, récemment fusionnés au sein des Mouvements Unis de Résistance (MUR), sont concernés par la mission fixée à Henri Gorce par le Bureau Central de Renseignements et d'Action (BCRA) en février 1943: il s'agit de les convaincre de créer, à partir de leurs services de renseignements existants, un réseau rattaché à la France Libre et spécialisé dans le renseignement militaire, ceci dans la perspective du futur débarquement allié.
Gallia devient un des plus gros réseaux en activité par son effectif (2500 agents) et le volume du courrier expédié. Il continue son action pendant la retraite allemande de l'été 1944, en particulier en transmettant des renseignements sur les objectifs à bombarder.
Source: Dictionnaire Historique de la Résistance.

Selon Jacques DIEU, secrétaire général de l'Amicale Mémoire du réseau Gallia, l'effectif du réseau GALLIA seul  était de  2 430 agents identifiés. Quant à l'e
ffectif de la « nébuleuse » GALLIA (réseaux annexés dont y compris Reims), il était de 4 500 agents.

Il a été placé là par le Deuxième Bureau de l'E.M. de Montluçon  comme agent de renseignement plus spécialement chargé de "fournir (...) les listes des jeunes Français qui devaient être réquisitionnés par le STO ainsi que tous renseignements d'ordre opérationnel qu'il pouvait trouver et copier dans les bureaux de l'Office allemand du Travail en Allemagne de Montluçon: ces documents ont été régulièrement transmis au QG CLARY à Royat" selon le liquidateur du réseau "Reims".

Il est arrêté le 21 décembre 1943 par la police allemande "pour détournement de pièces officielles". Selon un inspecteur de police, Xavier TISSOT « a été trahi et dénoncé par Yvonne D.... également employée à l’Office de Placement ». Il est ensuite interné à Clermont-Ferrand (63).

Le 22 janvier 1944 il fait partie des 2005 hommes déportés de Compiègne à Buchenwald où il arrive le 24 dans le convoi N° I.172. Il reçoit le matricule N° 42091 et, après la quarantaine,  la suite de son parcours diffère selon les sources.

Selon le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, il fait partie des 350 déportés de ce convoi  transférés à Mauthausen:

«les 350 déportés concernés sont destinés, pour l'essentiel, au camp de Gusen II pour l'exécution de travaux souterrains importants destinés à enterrer la construction de matériel aéronautique».

Selon le Service International de Recherches, il est transféré le 25 juillet au Kommando de Dora.

Dora: Ce camp dépend à l'origine du KL Buchenwald qui n'est situé qu'à environ 80 km. Il a été créé en septembre 1943 pour accueillir dans ses tunnels l'usine de Peenemünde bombardée par la RAF le 17 août 1943. Les déportés travaillent en deux équipes de douze heures. Ils creusent des galeries dans des conditions abominables. Ils restent six mois sans voir le jour et couchent à même le sol. La mortalité est très élevée. Dora devient autonome en octobre 1944.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

 

Selon son témoignage qui est confirmé par le Service International de Recherche d'Arolsen, il est transféré le 25 mars 1944 au Kommando de Laura.
 

Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen  1.1.5.1 / 5319405.

Laura ou Saalfeld: Kommando de Buchenwald. Après le bombardement du site de Peenemünde la décision est prise de disperser les autres sites concernés par la fabrication des V2. C'est en septembre 1943 qu'ouvre ce Kommando situé à 30 km au sud-est de la ville de Saalfeld. Relié au programme des armes secrètes, il reçoit le nom de code «Laura» et occupe une carrière d'ardoise au sud de la Thuringe. Les détenus doivent creuser des galeries (de septembre 1943 à avril 1944) avant d'y installer une usine souterraine (à partir d'avril 1944). Ils sont près de 700 en janvier 1945. Il est évacué vers Dachau.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il est de retour au camp central de Buchenwald en juillet et est affecté au Kommando de Dora, puis en août au Kommando mobile de Wieda Nüxei.

Wieda : Kommando des KL Buchenwald-Dora. Situé dans le Harz, c’est le siège de la Baubrigade III, qui regroupe également les Kommandos Mackenrode, Nüxei et Osterhagen, et dont l’activité est la construction d’une voie ferrée qui doit passer ces lieux (chantier du Helmetalbahn). Les détenus sont ensuite utilisés à la réparation des voies ferrées et au déblaiement des villes bombardées. A la fin d’août 1944, la Baubrigade III de Wieda avec ses trois Kommandos compte près de 1000 détenus. Elle est rattachée au KL Sachsenhausen en janvier 1945.
Source : Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il déclare s'être "évadé au cours du transfert le 11/4/1945".

Témoignage : François FAVIN, né le 21 avril 1911 à La Fouillouse (42), déporté le 12 mai 1944 de Compiègne à Buchenwald,   matricule N° 49601, lui aussi évadé d’une colonne d’évacuation, « certifie avoir fait la connaissance le 13 avril 1945 de Monsieur TISSOT Xavier dans la localité de Peckfitz (Dr Gardelegen) – Allemagne.

J’étais évadé depuis le 11 avril d’une colonne d’évacuation de déportés politiques, essentiellement constituée par des camarades de mon camp d’Ellrich.

Monsieur TISSOT était également évadé d’une autre colonne de déportés qui avaient, je crois, appartenu au camp de Dora. Il se trouvait en compagnie de 18 de ses camarades.

Nous avons été rapatriés ensemble de Peckfitz à Maubeuge où nous sommes arrivés le 7 mai vers 1 heure du matin. Nous étions passés par les localités suivantes : Hildesheim, Hanovre, Munster, Maestricht, Namur, Mons, Liège, Jeumont ».

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 572507), il est homologué en tant que Résistant  au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R.  (Déportés et Internés Résistants).

La carte de Déporté Résistant N° 1.015.30247  est attribuée à Xavier TISSOT   sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 6 mars 1957.

Il décède le 30 juin 1986 à Saint-Etienne (42).


Sources:

- Amicale Mémoire du réseau Gallia

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 654 W 7, 2014 W 2 N° 15872,

- Archives de la famille

Dictionnaire Historique de la Résistance sous la direction de François Marcot Editions Robert Laffont 2006

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Etat civil de Dole (39)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 572507)

- Service International de Recherches d'Arolsen 1.1.5.1 / 5319405, 1.1.5.3 / 7278584, 1.1.5.3 / 7278585,  1.1.5.3 / 7278580, 1.1.5.3 / 7278580,
 
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