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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

AMIGAS Edgard dit DAMONT Georges

Nous sommes à la recherche d'une photo.

est né le 13 novembre 1919  au domicile de ses parents au N° 7, rue Pasteur à La Ciotat (Bouches-du-Rhône). Son père Henri Emile est employé et sa mère Georgette née SANTIS est sans profession.

Il est adopté par la Nation suite au jugement du Tribunal civil de Toulon le 25 octobre 1934.

Il fait ses études au lycée de Toulon, puis à l'Institut Polytechnique de Grenoble.

Il est le responsable des parachutages et distributions d'armes pour la région Centre-Lyon-Grenoble.

Le 26 juin 1942 il épouse Paulette LAVIER à Grenoble (38) où il est étudiant. Ils sont domiciliés 8, rue Mortillet.

 

Selon le certificat délivré le 8 mai 1946 par Roger NATHAN-MURAT,  Edgard AMIGAS  fait partie des Groupes Francs de Combat depuis le 1er août 1942 en qualité d'agent P 2 chargé de mission de 1ère classe avec le grade de capitaine.

Il est arrêté le 26 septembre 1942 à Montluçon (Allier) avec Alphonse KIENTZLER et Roger SCHAEFFER . Leur mission: 
plastiquer l'Office de Placement allemand, ce qu'ils réussissent à faire le 5 septembre. Mais, «trahis par le bavardage d'une comparse», ils sont arrêtés et internés à la prison de Montluçon jusqu'au 12 octobre..

Il est transféré à la prison de Clermont-Ferrand (63) où il tente de s'évader avec Alphonse KIENTZLER.

Leur tentative échoue et se termine pour eux par un passage à tabac de la part des gardiens suivi de soixante jours de mitard.
 
Quelques semaines plus tard ils sont transférés à la prison Saint-Paul de Lyon (69). Le 23 septembre 1943 il est jugé par le Tribunal d'Etat de Lyon et condamné à 5 ans de prison pour «propagande antinationale et détention d'armes et explosifs».

Dans son exposé sommaire des faits le commissaire du Gouvernement est loin d'être négatif. Il écrit: «Rempli de compassion pour ses camarades, les étudiants alsaciens, cruellement atteints dans leurs affections et leurs intérêts, cent pour cent anti allemand, appartenant à une famille d'officiers, Amigas a adhéré avec fougue au mouvement «Combat». Il n'a pas pu heureusement pour lui donner toute sa mesure. Figure intéressante de militant forcené, prêt à tout oser et tout subir pour la victoire de son idéal. Néanmoins le fond est bon aussi mérite-t-il quelque intérêt».

On peut penser que cet exposé a pesé dans la balance au moment de la condamnation, car, pour les mêmes faits, ses amis alsaciens Alphonse KIENTZLER et Roger SCHAEFFER sont condamnés par le même tribunal à sept ans de Travaux Forcés.

Le 15 octobre 1943 il est transféré à la Centrale d'Eysses près de Villeneuve-sur-Lot (47). Il y reçoit le N° d'écrou 2294.
 
Source du document ci-dessus: Archives Départementales du Lot-et-Garonne 940 W 118.

Après la tentative d'évasion collective qui se déroula du 19 au 23 février 1944 et échoua - la direction ayant fait intervenir l'armée allemande qui menaçait de pulvériser la prison à coups de canon- la centrale est évacuée le 30 mai 1944.


En fait comme il est écrit sur le registre d'écrou les prisonniers sont «remis aux autorités allemandes» le 30 mai , en clair livrés aux nazis, en l'occurrence la Division Das Reich qui se rendra coupable de la pendaison de 99 otages à Tulle le 9 juin, puis du massacre de 642 personnes à Oradour-sur-Glane le 10 juin.

Cette unique photo des emprisonnés d'Eysses en colonne par cinq, les mains sur la tête, au moment où ils quittaient la Centrale aux mains des S.S.le 30 mai 1944 pour la gare de Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne) où ils allaient être embarqués vers Compiègne, a été prise par un garde mobile d'une fenêtre dominant la cour d'honneur.

Source de la photo: L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Amicale des Anciens d'Eysses Editions Sociales 1974.

Amicale des Anciens d'Eysses
 
« Le 30 mai 1944 l'ordre de départ arrive et ce sont des soldats allemands SS qui prennent la direction des opérations d'évacuation de la centrale. Avec des hurlements accompagnés de coups de crosses nous sommes tous mis en rang devant la centrale. Nous sommes alignés en files interminables, les mains sur la tête, sans aucun paquetage ni objet personnel; certains d'entre nous sont violemment assommés et piétinés. C'est la sauvagerie totale». Source: Alphonse Kienzler Souviens-toi, docteur Weil Ed. Prospective 21 décembre 1992.
 

Il arrive le 2 juin  à Compiègne où il reçoit le matricule N°38812 et il va être séparé de son ami Alphonse KIENTZLER qui est déporté le 2 juillet 1944 à Dachau dans Le Train de la Mort.

Quant à Edgard AMIGAS il est déporté le 28 juillet 1944 de Compiègne à Neuengamme où il arrive le 31 juillet dans le convoi N° I.250. Il reçoit le matricule N° 40035.

Après la quarantaine il est transféré au kommando de Brême. Puis il est dirigé sur le camp de Flossenbürg où il arrive le 6 octobre 1944. Il reçoit un nouveau matricule, le N° 28843.

 
Source du document ci-dessus: Service International de Recherches d'Arolsen 10813398. 
Il est ensuite transféré au kommando d'Altenhammer.

 
Altenhammer: Kommando du KL Flossenbürg. Ce kommando, situé dans un village à proximité du camp principal, est constitué d'un atelier de montage d'avions Messerschmidt (…), d'une carrière connue sous le nom de Stich et d'un centre de recherches sur les armes nouvelles.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
 

Malade, il est renvoyé au camp central de Flossenbürg où il décède le 25 avril 1945 selon le Service International de Recherches d'Arolsen,   le 26 avril 1945 selon l'état civil de La Ciotat.

Selon le témoignage d'Henri MARGRAFF dans Témoignages strasbourgeois De l'Université aux Camps de Concentration , Edgard AMIGAS est décédé "quelques jours après la libération, du typhus contracté en soignant inlassablement les malades".

Selon le témoignage de Jacques MICHELIN, externe des hôpitaux, matricule N°42866 à Flossenbürg, et du Docteur Gaston CROUZET, déporté à Buchenwald, Neuengamme et Flossenbürg matricule N° 44158, Edgard AMIGAS est décédé du typhus au Revier de Flossenbürg et est inhumé au cimetière civil de Flossenbürg. Son corps est exhumé
- le 14 septembre 1946 et transféré à Grenoble  N° 786 selon son dossier au Secrétariat Général des Anciens Combattants
- le 24 mars 1950 et transféré à Strasbourg selon le Service International de Recherches d'Arolsen 78075474.

"Mort pour la France"
avec le grade de capitaine à titre posthume. Mention attribuée le 5 mai 1947.

La carte de Déporté Résistant N° 1.013.15755 lui est attribuée à titre posthume le 16 mars 1953.

Selon le Service Historique de la Défense (GR 16 P11309), il est homologué en tant que résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes), des F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur) et des D.I.R. (Déportés et Internés Résistants).

Selon le site Internet du Ministère de la Défense Mémoire des Hommes, Edgard AMIGAS faisait partie du réseau "Mithridate".

Suivant l'article 1er de l'arrêté du Ministère de la Défense en date du 20 avril 1990, le "Bataillon F.F.I. de la Centrale d'Eysses" est assimilé à une unité combattante pour la période du 9 décembre 1943 au 31 mai 1944.


Sources:

- Amicale des Anciens d'Eysses L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Editions sociales 1974

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1

- Archives Départementales du Lot-et-Garonne 940 W 114, 940 W 52

- Archives Départementales du Rhône 1035 W 2

- Archives Départementales du Var 45 J 85

- Archives Municipales de Toulon

- Archives du camp de Flossenbürg sur Ancestry.com et JewishGen.org

- Bulletin Officiel des Armées Arrêté du 20 avril 1990

- Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen 21 P 244 660

- Etat civil de La Ciotat (13)

- Kienzler Alphonse Souviens-toi, Docteur Weil Ed. Prospective 21 1992

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial des Français Déportés à Neuengamme Amicale de Neuengamme

- Ministère de la Défense Mémoire des hommes/ base des résistants

- Noguères Henri Histoire de la Résistance en France Tome 2  Robert Laffont 1969

- Service Historique de la Défense GR 16 P 11309

- Service International de Recherches d'Arolsen  78075474, 10813398,

Témoignages strasbourgeois De l'Université aux Camps de Concentration Publications de la Faculté de Lettres de l'Université de Strasbourg Société d'Edition "Les Belles Lettres" 1954.


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