Err

Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
BEN AMARA Ahmed
 

est né le 19 mars 1900 à Souk-Lerba.

Il s'évade du camp de Saint-Loup (03) et rejoint à une date non connue le Maquis  des Robins en Montagne Bourbonnaise. Pour sa sécurité le Maquis se déplace à Epalle d'Arfeuilles, puis à la Pourrière.
 
Source de la photo ci-contre: Archives  de Paul Champeau.
Document ci-dessus: Les maquisards  au lieu-dit Les Robins. Source de la photo: Collection privée.

Il fait partie des 23 hommes arrêtés à la Pourrière  le 4 février 1944 par les GMR (Groupes Mobiles de Réserve) sur trahison de l'ex-maquisard passé à la Milice, Georges Gouverneur.

Les G.M.R. sont créés par le décret du 7 juillet 1941 et relèvent de la Sécurité Publique et donc de la police. Leur mission est d'assurer le maintien de l'ordre, mais fin 1943 ils vont commencer à être utilisés à des fins militaires, notamment contre les maquis, dont celui de la Pourière à Châtel-Montagne.Ils sont dissous à la Libération et, après épuration, intégrés aux C.R.S. (Compagnies Républicaines de Sécurité).
 

Ahmed BEN AMARA est interné à la prison de Cusset (03), puis de Riom (63) avant d'être transféré avec ses camarades à Compiègne le 28 juin 1944.

Le 2 juillet 1944 il est déporté de Compiègne à Dachau dans le convoi N° I.240 dit Le Train de la Mort.
 

Selon le Mémorial annuaire des Français de Dachau rédigé par l'Amicale des Anciens de Dachau , «Lors d'un arrêt prolongé du train en gare de St Brice près de Reims, par temps orageux et quarante degrés à l'ombre, les wagons se sont transformés en véritables étuves…Plus de cinq cents jeunes hommes sont morts de chaleur, de manque d'eau, d'asphyxie. L'atmosphère (…) a été génératrice de délire et de folie collective, entraînant des scènes d'horreur.

La responsabilité en incombe aux S.S.de la garde. Au moment où la situation devenait intenable, malgré les appels de détresse des détenus, les S.S. ont refusé d'ouvrir les portes, d'aérer les wagons et de distribuer de l'eau, ce qui eut sauvé les mourants.

Il ne s'agit, en la circonstance, ni d'une«bavure» ni d'un accident, mais essentiellement d'une action entrant dans le cadre de «l'entreprise générale et délibérée d'élimination des ennemis du Reich, de caractère authentiquement criminel».

Les corps des 519 victimes recensées sont transférés directement au crématoire.
 
Quant à Ahmed BEN AMARA il reçoit le matricule N° 77805 et, après la quarantaine,  est transféré au kommando d'Allach.
 

Allach: Kommando du KL Dachau. Ce très important Kommando de Dachau, créé le 17 mai 1944, fait travailler les détenus à divers projets et productions: d'abord pour une manufacture de porcelaine, ensuite pour la firme BMW, enfin pour divers chantiers de l'organisation Todt. Il compte jusqu'à 3850 détenus.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
 

Selon son témoignage il est de retour à Dachau le 15 septembre 1944 «blessé par les Allemands. Ils m'ont cassé la cuisse». A l'hôpital il dit être témoin le 15 janvier 1945 de la mort d' Henri NAVROT, «décédé des suites de coups, de typhus et d'épuisement général».

Il est libéré à Allach le 30 avril 1945 selon le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1
 
- Archives privées

- Champeau Paul Histoire d'un traître dans le journal Le Patriote du 21 février 1947

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial annuaire des Français de Dachau Amicale des Anciens de Dachau 1987

- Sérézat André  Et les Bourbonnais se levèrent Editions  CRÉER  1986

 
©  AFMD de l'Allier