Err

Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

JONNARD Marius


est né le 2 février 1920 aux Georges à Ambierle (42). Sa mère Clotilde JONNARD est sans profession. Il est reconnu par sa mère le 10 avril 1920 à Saint-Bonnet-des-Quarts (42).

Domestique agricole il est domicilié aux Bruyères à Saint-Bonnet-des-Quarts.

Incorporé le 10 juin 1940 il est affecté au Dépôt d'Artillerie Divisionnaire auto N° 35. Il est démobilisé le 10 août 1940 par le centre de Hyères (83). Il est ensuite envoyé au Chantier de Jeunesse N° 17 à Hyères Plage et en est libéré le 1er février 1941.

Source de la photo ci-contre: Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains.

Sa présence et son arrestation au Maquis de la Pourrière le 4 février 1944 détonnent parmi ces résistants. En effet selon André SÉRÉZAT dans «Et les Bourbonnais se levèrent»,

«Fin janvier 1944, le groupe procède à l'arrestation d'un louche individu, Jonnard Marius, originaire de Saint-Bonnet des Quarts (Loire), qui était venu voler au maquis les deux camions et le car(…). Il n'était pas seul, il avait amené avec lui des garagistes de Roanne et de Lyon auxquels ils s'apprêtaient à vendre les véhicules. L'opération échoue: l'un des voleurs, Clerget, est blessé au bras d'un coup de feu et transporté à la clinique Jeanne d'Arc à Vichy; trois autres sont gardés à vue. Jonnard parvient à s'enfuir, mais revient le lendemain avec de l'aide pour libérer ses compagnons. Il est prisonnier et le groupe décide de le garder, car il est soupçonné d'avoir «vendu» un maquis de la région de Roanne».

Cette version est confirmée par le témoignage de Paul CHAMPEAU, membre du Maquis de la Pourière, qui situe l'arrestation de Marius JONNARD au 29 janvier au soir.

ainsi que par le témoignage écrit d'André MANDART le 14 décembre 1957 pour le Ministère des Anciens Combattants à Clermont-Ferrand:
"Je vous informe que que Mr JONNARD Marius était milicien. Il est venu à Châtel-Montagne pour m'exécuter.
Après l'avoir désarmé, je l'ai monté à mon maquis où nous l'avons gardé en surveillance, cet individu étant dangereux.
De ce fait, au moment de l'arrestation de mon groupe, il se trouvait parmi mes hommes".

Il fait partie des 23 hommes arrêtés le 4 février 1944 par les G.M.R. (Groupes Mobiles de Réserve) sur trahison du milicien infiltré Georges Gouverneur.

Il est interné dans les prisons de Cusset (03) et de Riom (63), puis il est transféré à Compiègne le 28 juin 1944 en car.Il y reçoit le matricule N° 43053.

Il est déporté le 2 juillet 1944 de Compiègne à Dachau dans le convoi N° I.240 dit Le Train de la Mort.

Selon le Mémorial annuaire des Français de Dachau rédigé par l'Amicale des Anciens de Dachau, «Lors d'un arrêt prolongé du train en gare de St Brice près de Reims, par temps orageux et quarante degrés à l'ombre, les wagons se sont transformés en véritables étuves…Plus de cinq cents jeunes hommes sont morts de chaleur, de manque d'eau, d'asphyxie. L'atmosphère (…) a été génératrice de délire et de folie collective, entraînant des scènes d'horreur.

La responsabilité en incombe aux S.S.de la garde. Au moment où la situation devenait intenable, malgré les appels de détresse des détenus, les S.S. ont refusé d'ouvrir les portes, d'aérer les wagons et de distribuer de l'eau, ce qui eut sauvé les mourants.

Il ne s'agit, en la circonstance, ni d'une«bavure» ni d'un accident, mais essentiellement d'une action entrant dans le cadre de «l'entreprise générale et délibérée d'élimination des ennemis du Reich, de caractère authentiquement criminel».

Les corps des 519 victimes recensées sont transférés directement au crématoire.

 Source des documents ci-dessus: Allach Kommando de Dachau Amicale des Anciens de Dachau Jouve mai 1985.

Quant à Marius JONNARD il arrive vivant à Dachau et reçoit le matricule N° 77873. Après la quarantaine il est transféré au Kommando de Neckarelz.

Neckarelz: Kommando du KL Natzweiler situé près de Mannheim. Pendant la période transitoire, c'est-à-dire de début septembre jusqu'au 23 novembre 1944, le camp annexe de Neckarelz I, qui, avec Neckarelz II, est le plus grand des Kommandos extérieurs de la région, fonctionne comme siège régional de l'administration centrale restée au Struthof. Neckarelz est l'organe exécutif dans plusieurs domaines, par exemple, en ce qui concerne le déplacement de détenus entre les différents Kommandos extérieurs. Le 21 mars 1944 arrivent les 500 premiers détenus. On les loge dans l'école primaire de Neckarelz qui devient ainsi le premier camp de Neckarelz. Lorsque le nombre des détenus dépasse la capacité de ce « camp » qui est d'environ 1000 personnes, on crée un deuxième camp auprès de l'ancienne gare de Neckarelz. A partir de ce moment, l'école est désignée comme Neckarelz I et l'autre camp comme Neckarelz II. Officiellement, on réussit à y loger 2944 (fin septembre 1944) et 2841 (fin octobre 1944) détenus. Presque tous travaillent sur les chantiers des mines d'Obrigheim.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il y reçoit le matricule N° 22007.

Il est libéré à Dachau le 29 avril 1945.

Selon le témoignage de Paul CHAMPEAU, "Rentré chez lui à Saint-Bonnet-des-Quarts (Loire), il ne put y rester en raison des menaces de représailles de la part des habitants et aussi sans doute du danger d'arrestation".

Le 12 octobre 1957, il ose faire une demande de carte de Déporté Résistant pour les motifs suivants:
"- Ravitaillement du maquis
 - Camouflage et hébergement de réfractaire au STO décembre 1943 à janvier 1944".

Suite à l'enquête de la Gendarmerie qui a recueilli plusieurs témoignages très défavorables, cette demande sera rejetée par la Commission le 5 avril 1961 pour le motif suivant: "Il ne résulte pas des éléments du dossier que l'intéressé soit susceptible de bénéficier du Statut défini par la Loi du 6 août 1948".

Il décède le 2 novembre 2003 à Thiers (63).


Sources:

- Archives Départementales de la Loire 1 R 1940.2152 transmis par l'Association Généalogique de la Loire

- Archives du camp de Dachau sur Ancestry.com et JewishGen.org

-
Champeau Paul Témoignage écrit sur l'Affaire Jonnard-Panarari

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Etat civil d'Ambierle (42)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Annuaire des Français de Dachau Amicale des Anciens de Dachau 1987

- Sérézat André Et les Bourbonnais se levèrent Editions CRÉER 1986.

©  AFMD de l'Allier