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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
BIDET Gilbert
 
 

Gilbert BIDET est né le 25 mars 1884 à Meillard (03). Son père Jean et sa mère Marie née BOUCHARD sont métayers.

Incorporé à compter du 10 octobre 1905 au 10ème Régiment de Chasseurs à cheval il est démobilisé le 12 octobre 1907.

Photo: Archives de la famille.


Mobilisé en août 1914 au Régiment de Cavalerie Légère de Moulins il est ensuite affecté au 36ème régiment d'Artillerie en tant qu'agent de reconnaissance de 1ère classe. Il est démobilisé le 26 février 1919 et est titulaire de la Croix de Guerre et de 2 citations. 

 Le 19 juin 1917 il est cité à l'ordre de l'A.D./120: " Le brigadier Bidet Gilbert, N° matricule 017356 de la 2ème S.M.A. du 53ème régiment d'Artillerie" S'est fait remarquer par son calme et son sang-froid sans la nuit du 8 au 9 juin 1917 au cours d'un ravitaillement sur une position de batterie violemment bombardée".

Le 31 octobre 1918 le brigadier BIDET est cité à l'ordre de l'Artillerie de la 12ème Division: " Gradé sérieux et énergique, a accompli au cours de la campagne de nombreux ravitaillements sous le feu de l'ennemi. S'est en outre occupé de l'organisation de dépôts de munitions avec un dévouement digne d'être noté , notamment en octobre 1918".

Les deux citations sont signées du colonel de LACOMBE, commandant de l'Artillerie de la 120ème Division.


Agriculteur métayer au lieu-dit Chapilière à Meillard, marié, père de deux enfants, il est adjoint au maire depuis 1935, mandat dont il est déchu en janvier 1940 pour avoir refusé de renier son appartenance au Parti Communiste.

En 1941, différents documents - un tract communiste et une lettre avec le nom de militants communistes- est trouvée dans un habit donné au nettoyage. La liste est transmise à la Gendarmerie.

Le 9 novembre 1941, 9 habitants de Treban (03) et Meillard, dont Gilbert BIDET et Claude BELIN, sont arrêtés par les gendarmes du Montet (03). Ils sont internés à la prison militaire du 92ème Régiment d'Infanterie de Clermont-Ferrand (63) dans l'attente de leur jugement le 26 février 1942 par la Section Spéciale du Tribunal Militaire de Clermont Ferrand.

Gilbert BIDET est accusé «d'avoir , dans le courant de l'année 1941, en tout cas depuis temps non prescrit à Meillard (Allier), exercé une activité ayant directement ou indirectement pour objet de propager les mots d'ordre émanant ou relevant de la III° Internationale communiste ou d'organismes contrôlés en fait par cette III° Internationale:

a)- en faisant partie d'une cellule communiste clandestine;

b)- en assistant à une réunion de nature communiste le 4 novembre;

c)- en versant une cotisation destinée à la propagande communiste.»

Il est condamné à 3 ans de prison et interné à la prison de Mauzac (24). Il bénéficie d'une remise de peine d'un an, mais sur rapport défavorable des Renseignements Généraux, il est de nouveau interné, et ce sur arrêté préfectoral au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (81).

Le 4 février 1944, les détenus de Saint-Sulpice-la-Pointe se soulèvent en chantant la Marseillaise pour empêcher le départ d'un certain nombre d'entre eux que les gendarmes veulent emmener vers l'Atlantique pour travailler pour l'organisation Todt. Selon le témoignage de Paul BAQUIÉ, grâce à leur résistance, les G.M.R. (Groupes Mobiles de Réserve) appelés à la rescousse n'emmènent que quelques chefs de baraques à la prison Saint- Michel de Toulouse (31).

Le 30 juillet 1944, le camp est encerclé par une compagnie S.S. et vidé.

Parti de Toulouse le 31 juillet 1944 par le convoi N° I.252, il arrive le 6 août à Buchenwald où il reçoit le matricule N° 69956. Après la quarantaine il est affecté à un Kommando dans les mines de sel de Plömnitz.

« Nous fûmes envoyés dans un commando très dur dans les mines de potasse de Leau Plomnitz où les Allemands voulaient construire des usines souterraines. Dans ce commando la mortalité était très élevée. Nous étions un groupe de différentes régions et le Père Bidet était avec nous. D'autres ont déjà décrit notre vie et nos conditions de travail. Je précise simplement que nous travaillions douze heures par jour, nous étions couverts de vermine, pendant plusieurs mois nous avons couché au fond de la mine» selon le témoignage de Paul BAQUIÉ.

Malgré les conditions inhumaines et les mauvais traitements, il continue de résister.

«Un jour, à quatre, nous chargions un wagonnet de terre, le Père Bidet remplissait sa pelle et la retournait sur place dans le but de ne pas travailler pour les Allemands, le contremaître allemand s'en est aperçu, il a pris la pelle des mains du Père Bidet et lui a donné une sévère correction à coups de pelle».

Sous-alimenté et très affaibli, il est tué à coups de matraque une nuit aux latrines selon le témoignage de Paul BAQUIÉ.

Il décède le 9 janvier 1945 à Buchenwald selon l'état civil de Meillard et le JO N° 208 du 9 septembre 1987.

"Mort pour la France"


Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 58790), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française).

Pourtant c'est la carte de Déporté Politique N° 1.111.08553 qui lui est attribuée à titre posthume sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du  21 décembre 1953.

DIAC Clermont-Ferrand
Photo:F.Demaegdt

A gauche: Carte de Déporté Politique établie par la Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

A droite: plaque au cimetière de Meillard. Photo: AFMD de l'Allier.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants en date du 21 juillet 1987 paru au Journal Officiel N° 208 du 9 septembre 1987.

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 1 R 1904.593,

- Archives Départementales du Tarn
 493 W 48 (transmis par Jean-Philippe Lantes)

- Archives de la famille

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat civil de Meillard (03)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- MemorialGenWeb  site Internet

- Office Départemental des Anciens Combattants de l'Allier

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 58790)

- Témoignage écrit de Paul Baquié, déporté à Buchenwald N° 69904
 
 
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