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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
VYE Marius
 
 
DIAC Clermont-Ferrand

Est né le 17 février 1902 au domicile de ses parents à Saint-Germain-L'Herm (63). Son père Jean-Marie est bachollier et sa mère Joséphine née LAFARGE est ménagère.

Il exerce le métier de caoutchoutier quand il est incorporé le 5 mai 1922. Il est affecté au 1er Régiment d'Aérostation et est rayé des contrôles le 10 novembre 1923.

Il exerce ensuite la profession de conducteur d'autobus Citroën sur la ligne Vichy-Clermont-Ferrand, puis celle de mécanicien sur machines à coudre 4, rue Ravy Breton à Vichy (03).

Source de la photo: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.


Il est domicilié à Vichy au 38, rue de Madrid depuis 1935.

Le 24 septembre 1938 il épouse Anaïs JAY à Clermont-Ferrand (63).

Rappelé le 24 août 1939, il est affecté au Centre Militaire du Train N° 122 à Romans (26). Il est démobilisé le 17 juillet 1940.

 
Il entre dans la Résistance au Mouvement «Combat» dirigé par Roger KESPY, puis il est contacté par Paul GUILLEBAUD dit «Mouflon» et passe au Réseau «Alliance» sous la direction du général RAYNAL.

Réseau «Alliance»: cet important réseau de renseignement essentiellement militaire- mais aussi filière d'évasion- est créé en avril 1941 par le commandant Georges Loustaunau-Lacau.

D'abord pétainiste, puis giraudiste, il va finalement se rallier au général De Gaulle début 1944. Il est dirigé par Marie-Madeleine Fourcade et le commandant Faye.

Source: Dictionnaire Historique de la Résistance.


Il est agent de renseignements et de liaison. Il établit aussi de fausses cartes d'identité selon sa demande de Carte de Combattant Volontaire de la Résistance.

Il est arrêté le 28 mai 1943 vers cinq heures du matin par la Gestapo et emmené au 125, Boulevard des Etats-Unis. Une perquisition a lieu à son domicile pour y découvrir des armes, mais elle s'avère infructueuse.

Il est ensuite transféré à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03) où il va rester pendant 4 mois avant d'être emmené au Fort de Romainville.

 

Le Fort de Romainville

Ce fort militaire est situé sur la commune des Lilas en Seine-Saint-Denis au nord-est de Paris. Il accueille d'abord des prisonniers de guerre et des otages, dont certains seront fusillés au Mont-Valérien. Puis à partir de 1943 il devient l'antichambre de la déportation avant de servir de prison pour femmes en 1944.

Photographie, prise à la Libération, des casemates où étaient enfermés des détenus. Source: Les oubliés de Romainville un camp allemand en France (1940-1944) par Thomas Fontaine Editions Taillandier mai 2005.


Le 8 novembre 1943 il est déporté «Nuit et Brouillard» de Paris gare de l'Est au camp de Neue Bremm à Sarrebruck dans le convoi N° I.151.

 
Les 36 hommes de ce petit convoi sont emmenés dans des wagons de voyageurs de 3ème classe aux fenêtres grillagées. Ils bénéficient donc de conditions de transport acceptables, mais avec des mesures de sécurité particulières, car ils sont déportés avec le sigle N.N. Nuit et Brouillard, même si la procédure "Nuit et Brouillard" ne leur est pas appliquée.

Procédure Nacht und Nebel
instaurée par le décret Keitel de décembre 1941 pour «des actes délictueux» tels que espionnage, sabotage, détention illégale d'armes, etc. Ce décret prévoit le transfert en Allemagne en vue d'un jugement dans le secret absolu. Les déportés doivent disparaître dans «la nuit et le brouillard», c'est-à-dire sans laisser de trace.

Il s'agit d'un petit convoi de 36 hommes, tous NN, parmi lesquels cinq sont originaires de l'Allier. Outre Marius VYE, s'y trouvent Claudius BEAUDOUXClaude GOBERTGaston PÉSERY et Lucien SAINT-ANDRÉ, tous membres du réseau «Alliance».

Source du document ci-contre: Archives Municipales de Vichy H 101 Boîte N° 5.

 
 

En fait la procédure "Nuit et Brouillard" qui prévoit un jugement par un tribunal allemand et qui se termine généralement par une condamnation à mort ne leur est pas appliquée. Ils sont répartis dans différents camps ou Kommandos.

Quant à Marius VYE il est transféré à Buchenwald où il reçoit le matricule N° 28359. Il travaille à la carrière du camp selon son témoignage et y est libéré le 11 avril 1945.

 
Selon Claude MERCIER dans le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation concernant la libération de Buchenwald, «Constatant le départ (temporaire ou définitif) de la plus grosse partie des effectifs et de l'armement de la SS, la Résistance clandestine décide de passer à l'action, à l'aide de groupes d'intervention, le plus souvent encadrés par des militaires, entre lesquels avaient été réparties les quelques dizaines d'armes récupérées et jusque-là soigneusement dissimulées.
Lorsqu'arrivent les premiers éléments de l'armée Patton, le camp est sous le contrôle de la Résistance. Le journal de marche de la 4ème Division indique: «Avant notre arrivée, les postes de garde ont été pris et 125 SS ont été capturés et sont internés au camp, où ils sont calmes. La direction du camp est entre les mains d'un comité bien organisé comportant toutes les nations représentées».
 
 
A son retour il trouve un emploi de caissier-adjoint au Casino de l'Elysée Palace à Vichy.

Selon le Service Historique de la Défense (GR 16 P 599945), il est homologué en tant que Résistant au titre des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte de Déporté Résistant  N° 1 011 04136 lui est attribuée le 4 juin 1951.

DIAC Clermont-Ferrand

Source du document ci-dessus: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

Il reçoit les insignes d'Officier de la Légion d'Honneur le 19 août 1956.
 
Il décède le 8 février 1957 à Clermont-Ferrand.
 
 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1790 W 10, 1756 W 2 N° 5109, 1799 W 2624-07/105, 

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme  908 W 168, 1 R 3696,

- Archives Municipales de Vichy H 101 Boîte N° 5

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat civil de Saint-Germain-L'Herm (63)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- Office Départemental des Anciens Combattants de l'Allier

- Service Historique de la Défense (GR 16 P 599945)
 
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