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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
BRILLE Daniel
 
 
Archives de la famille

est né le 6 septembre  1926 au domicile de ses parents 18, rue Fourcroy à Paris (17è). Son père Edouard est négociant en banque et commissions et sa mère Marthe née SALOMON est sans profession.

Avec sa mère et sa sœur Marie Louise il se réfugie en juillet 1940  à Vichy où ils sont domiciliés à l'Hôtel du Rhin au 89, avenue des Célestins.

Source de la photo: Archives de la famille.


Il se fait recenser avec sa famille comme Juif français à Vichy conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 de l'Etat Français.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.

Il est fiché par l'Etat Français en 1943 en tant que Juif français (Fiche orange).

Source de la fiche ci-contre: Archives Départementales de l'Allier 996 W 778 W 112.

Il est arrêté par la Brigade POINSOT dans la rafle de Juifs le 22 juillet 1944 à Vichy et après un passage au Petit Casino, siège de la Milice, il est transféré ainsi que sa mère et sa sœur au Château des Brosses, prison de la Milice située à Bellerive-sur-Allier (03).

Dans Dans les prisons de la Milice Marc-André FABRE décrit l'arrivée de Daniel BRILLE dans la cellule: «puis un jeune, qui travaillait au service des émissions radiophoniques de la «France fidèle» à l'Hôtel Cecil, et qui a été arrêté avec sa mère et sa sœur".



- On se demande pourquoi nous sommes arrêtés, me dit le jeune de la «France fidèle». Nous étions en règle, ayant fait notre déclaration à la police et reçu notre permis de séjour. Je n'ai pas été frappé, mais ma sœur a subi au Petit Casino les outrages des miliciens qui l'ont contrainte à se déshabiller».

Le 25 juillet il est transféré - ainsi que les autres personnes arrêtées dans la rafle du 22- à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03).

Le 25 août 1944 la prison de Moulins est vidée de ses 66 derniers détenus qui sont transférés à Belfort dans un train de soldats qui se replient sur l'Allemagne.

Ils sont internés à la Caserne Friedrich avant d'être déportés le 5 septembre de Belfort à Buchenwald dans le convoi N° I.285 pour les hommes et à Ravensbrück pour les femmes.
 
 
Source du document ci-dessus: Extrait de la liste du convoi N°I.285 transmise par l'Association Française  Buchenwald-Dora et Kommandos.

Le train va mettre 5 jours pour faire le trajet Belfort-Buchenwald. Arrivé le 10 septembre , Daniel BRILLE reçoit le matricule N° 85215.

 
 
Source du document ci-dessus: Extrait du Registre Matriculaire des 85000 transmis par l'Association Française  Buchenwald-Dora et Kommandos.


Dans l'extrait ci-dessus 4ème colonne, il est indiqué qu'il est affecté au Block 63 qui est le Block de quarantaine, puis au Block 23 au Grand Camp, puis au Kommando de Niederorschel où il arrive le 14 décembre 1944.
 
Niederorschel: Kommando du KL Buchenwald. C'est dans une usine de contreplaqué et une fabrique de tissage réquisitionnées qu'est installée une usine d'usinage et de montage d'avions Junkers. L'installation des détenus se fait dans l'usine même située près du bourg de Niederorschel à 35 km au sud-ouest de Nordhausen. Près de 700 détenus s'y trouvent en janvier 1945. Ils sont évacués sur Buchenwald où ils arrivent le 10 avril.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation
 
 

Selon le document transmis par l'Amicale de Langenstein, Daniel BRILLE fait partie des 135 hommes dont 85 Juifs transférés  en tant qu' invalides au Kommando B II, c'est-à-dire Langenstein le 19 février 1945. Il y est envoyé en tant que "Metalarbeiter" /ouvrier métallurgiste.


Source du document ci-dessus: Amicale de Langenstein.

Langenstein ou "Malachit" ou "Zweiberge": Kommando du KL Buchenwald. Ouvert en avril 1944 ce Kommando est installé près du village de Langenstein, à quelques kilomètres d'Halberstadt. Le chantier de Langenstein est le chantier B2 du Sonderstab Kammler. Les détenus creusent près de 10 km de galeries dans les collines du Thekenberg devant servir à enterrer les productions des usines Junkers. Au total, près de 7000 détenus y travaillent. 3000 détenus sont évacués le 9 avril 1945 et 1600 sont libérés le 13 avril 1945 par les Américains.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il décède

- le 31 août 1944 en Allemagne selon l'état civil de Vichy qui se base sur un jugement déclaratif de décès rendu par le Tribunal Civil de Cusset en date du 24 septembre 1947. Le Journal Officiel N° 153 du 4 juillet 2010 reprend la même erreur 65 ans après!!!!

- dans un lieu et à une date non connus selon le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Son décès n'est pas transcrit à l'état civil de Paris (17ème).

Selon la Loi n° 85/528 du 15 mai 1985 sur les actes et jugements déclaratifs de décès des personnes mortes en déportation,

Article 3 - Lorsqu'il est établi qu'une personne a fait partie d'un convoi de déportation sans qu'aucune nouvelle n’ait été reçue d'elle postérieurement à la date du départ de ce convoi, son décès est présumé survenu le cinquième jour suivant cette date, au lieu de destination du convoi.

 Selon cette loi, Daniel BRILLE est décédé le 15 septembre 1944 à Buchenwald (Allemagne).

"Mort en déportation" suivant l'arrêté de l'Office National des Anciens Combattants en date du 22 avril 2010 paru au Journal Officiel N° 153 du 4 juillet 2010.

 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1, 996 W 194.01, 996 W 778 W 112,

- Archives du camp de Buchenwald (BundesArchiv)

- Archives de la famille

- Centre de Documentation Juive Contemporaine

- Etat civil de Paris (17ème) et de Vichy (03)

- Fabre Marc-André Dans les prisons de la Milice Imprimerie Wallon Vichy 13 octobre 1944
 
- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- MemorialGenWeb  site Internet

Mémorial de Langenstein transmis par l'Amicale de Langenstein.

- yadvashem.org  Feuille de témoignage
 
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