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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

DE TOURNEMIRE Marie Henri

DIAC Clermont-Ferrand

 est né le 30 octobre 1877 au domicile de Madame du BOULET de la BOISSIÈRE rue de la Tannerie à Lamorlaye (60). Son père François est propriétaire et sa mère Berthe SEROUX de BIENVILLE est sans profession. Ils sont domiciliés au Château de Pierrefitte à Sarroux (19).

Le 24 février 1911 il épouse Yvonne DANGELZER à Tunis (Tunisie).

Source de la photo: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

Chef d'Escadron en retraite il est domicilié au N° 149, boulevard des Etats-Unis à Vichy (03).

Il est arrêté par la Gestapo le 10 août 1943 à Vichy en tant que «personnalité-otage».

Source du document ci-contre: Archives Municipales de Vichy H 101 Boîte N° 5.

Personnalités-otages: un certain nombre de personnes occupant en général des postes à responsabilité civile, politique ou militaire voire religieuse sont arrêtées souvent de manière préventive à cause du danger qu'elles pouvaient représenter, puis déportées. Elles devaient servir le cas échéant de monnaie d'échange. Elles ont eu un sort enviable en comparaison des autres déportés.

Le 13 août 1943 il est déporté de Compiègne à Buchenwald où il arrive le 14 dans le convoi N° I.123.

Il s'agit d'un petit convoi de 38 hommes déportés comme «personnalités-otages».

Selon Thomas Fontaine dans le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation ces arrestations sont «le résultat d'une modification de la carte militaire. Depuis mai et la chute de Tunis, les Alliés contrôlent le Maghreb. En juillet ils ont pris pied en Sicile. Les Allemands craignent un débarquement en Provence et, face à cette situation, ils ont dressé des listes de personnalités civiles et militaires susceptibles d'être arrêtées. Ce transport de déportation, d'un effectif faible, est le résultat direct et immédiat de ces arrestations préventives et ciblées, quasiment toutes effectuées entre le 9 et le 11 août dans une quinzaine de départements».

Trois autres personnalités-otages en poste à Vichy sont également déportées dans ce convoi N° I.123. Il s'agit de

De SAIVRE Roger Chef adjoint du Cabinet civil de Pétain

ESTÈBE Paul attaché au Cabinet du Maréchal PÉTAIN

PEBREL Jean Chef de cabinet au Ministère des Finances.

Ces déportés ne reçoivent pas de numéro de matricule et sont transférés le 31 août à Plansee.

Plansee: Kommando du KL Dachau. Situé près de Füssen, ce Kommando du KL Dachau correspond à l'Hôtel Forelle, où sont détenues des «personnalités-otages» déportées.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

A Dachau, Henri de TOURNEMIRE, officier en retraite, demande à être entendu par un officier SS pour «dénoncer une arrestation qu'il juge arbitraire, résultat d'une méprise selon lui sur la personne» selon Thomas Fontaine dans le livre mémorial.

Sa démarche sera récompensée, puisqu'il est libéré le 17 février 1944 à Plansee.

En fait Henri de TOURNEMIRE a été arrêté à la place de son neveu, Guillaume de TOURNEMIRE ( 1901-1970), chef national des Compagnons de France, pour avoir refusé de dénoncer ce dernier qui était, selon Jean Védrine, "devenu clandestin après avoir échappé de peu à la Gestapo". C'est l'explication qu'il donne:

«Aussi actuellement j'estime ne pouvoir solliciter cette carte que si la législation a été modifiée depuis 1948 ou encore si était prise en considération par les autorités compétentes, l'aide indiscutable apportée par ma déportation à mon neveu Guillaume de Tournemire, chef de mission de 1ère classe aux F.F.C.I.( réseau Alliance) pour échapper à la Gestapo qui le traquait sans oublier le refus absolu que j'ai opposé, ainsi que ma femme, aux questions des allemands sur le lieu de son refuge.»

Source de l'extrait du document ci-contre: Office Départemental des Anciens Combattants de l'Allier.

Selon son neveu, Guillaume de TOURNEMIRE, les nazis après avoir libéré Henri, surveillaient son domicile dans l'espoir que Guillaume s'y rendrait et qu'il pourrait ainsi l'arrêter.

«Après 6 mois et 10 jours la libération du Commandant H. de Tournemire n'est intervenue que lorsque les chefs de la Gestapo se sont rendu compte qu'ils n'obtiendraient pas par ce moyen les renseignements qu'ils recherchaient, le Commandant de Tournemire se refusant obstinément à donner une indication quelconque à ce sujet, mais en faisant exercer une surveillance constante de son domicile dès son retour ils pensaient me voir tomber dans la souricière ainsi tendue».

La carte de Déporté Politique lui est attribuée le 26 septembre 1960.

Source du document ci-dessus: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

Il décède le 24 octobre 1975 à Vichy et est inhumé à Pierrefitte à Sarroux (19).

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1289 W 91.210.05,

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 908 W 168

- Archives Municipales de Vichy H 101 Boîte N°5 

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat civil de Lamorlaye (60)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Office Départemental des Anciens Combattants de l'Allier

- Védrine Jean Les prisonniers de guerre, Vichy et la Résistance 1940-1945 Librairie Arthème Fayard 2013  page 827

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