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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

DELCHAMBRE Marguerite

 
Archives de la famille

est née le 23 décembre 1911 au domicile de ses parents rue Victor Noir à Neuilly-sur-Seine (92). Son père Albert est publiciste et sa mère Lucie née SOHM est sans profession.

Elle réside à Vichy (03) et est l'amie de Gabriel JEANTET. Selon Suzanne LAISSAC, Marguerite DELCHAMBRE appartient au réseau "Brutus".
 
Source de la photo: Archives de la famille.
Réseau «Brutus»: L'intérêt de ce réseau de renseignements qui revendiquera 1124 agents (dont 64 tués et 101 déportés) tient surtout à son rôle dans l'affirmation d'une résistance socialiste directement reliée à la France libre. C’est sous la conduite d’André Boyer, Brémond, à partir du 15 février 1943 que le réseau devenu « Brutus » s’étend à tout le territoire à partir de son quartier général de Lyon.Source: Dictionnaire Historique de la Résistance sous la direction de François Marcot.

Elle est arrêtée le 24 juillet 1944 par la Brigade Poinsot des Renseignements Généraux de Vichy. Sont également arrêtés Pierre DARBIEUX, Philippe d'ELBÉE, Gabriel JEANTET et Suzanne LAISSAC.

Internée au Château des Brosses, prison de la Milice à Bellerive-sur-Allier, elle est ensuite transférée à la prison de Fresnes le 29 juillet.

Le 16 août 1944 elle est déportée de Paris gare de Pantin à Ravensbrück où elle arrive le 21 août 1944 par le convoi N° I.264.

Ce convoi a ceci de particulier qu'il est  Le dernier train à partir de Paris et qu' il emmène 1654 hommes et 546 femmes, soit un total de 2200 personnes.  Malgré les tentatives de la Résistance pour arrêter le train, malgré l'accord signé entre le consul de Suède Raoul NORDLING et le major allemand HUHM (selon cet accord les déportés sont placés sous la protection du consul de Suède) le chef de train SS refuse. Les hommes descendent à Buchenwald le 20 août. Les femmes arrivent à Ravensbrück le 21 août.

Marguerite DELCHAMBRE reçoit le matricule N° 57567. Après la quarantaine elle est internée le 21 septembre à la prison de Torgau, prison militaire située près de Leipzig.Puis le 6 octobre elle est transférée au kommando d'Abterode.

 
 
Abterode, Abteroda ou Anton: Kommando du Kl Buchenwald. Ce Kommando situé à 40 kilomètres au nord-ouest d'Eisenach en Thuringe est créé en octobre 1944 pour accueillir, dans une ancienne mine de potasse, une usine BMW, fabriquant des pièces de moteurs d'avions. Un Kommando de femmes ouvre également, fabriquant des explosifs. Le site est évacué en mars-avril 1945, principalement vers Buchenwald (212 hommes). L'effectif y est de 230 hommes et 250 femmes au 31 janvier 1945, dont quelques Français.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.


Elle est ensuite transférée le 26 février 1945 au Kommando de Markkleeberg.

 
 
Markkleeberg:Kommando de Buchenwald. Situé dans la banlieue sud-ouest de Leipzig, ce Kommando de femmes travaille à la finition des leviers d'ailes d'avions pour la firme Junkers.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

 
 

C'est à Markkleeberg qu'elle est libérée en avril 1945 selon le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Selon la famille, elle s'évade "avec une amie lors d’une évacuation d’un camp en profitant d’un mitraillage de la colonne par des avions".

Elle épouse Gabriel JEANTET le 25 octobre 1945 à Paris 6ème.

Son nom ne figure pas sur «la liste intégrale des agents homologués du réseau Brutus», mais, de l'aveu même des auteurs, Jean-Marc Binot et Bernard Boyer, la liste comporte de nombreuses erreurs.

Marguerite JEANTET est bel et bien recensée par la Fondation de la France Libre comme agent P2, c'est-à-dire à plein temps et rétribué, du réseau "Brutus" à compter du 1er janvier 1942.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 169258), elle est homologuée en tant que Résistante au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

 

Lui sont attribuées

- la Croix de Guerre avec Palme


- la Légion d’Honneur (Chevalier) par décret du 31 janvier 1959


- la Légion d’Honneur (Officier) par décret du 16 novembre 1964 en qualité de « Sous-lieutenant des Forces Françaises Combattantes »


- la Médaille Commémorative des Services Volontaires dans la France Libre à titre posthume le 3 septembre 2012.


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Source des photos ci-dessus: Archives de la famille.

Note: les photos 1 et 2 ont été prises dans la Cour des Invalides à Paris.

 Elle décède le 18 juin 1982 à Nans-les-Pins (Var).

 
 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1580 W 8

- Archives de la famille

- Binot Jean-Marc et Boyer Bernard Nom de code: Brutus Editions France Loisirs 2007

- Bourdrel Philippe Les cagoulards dans la guerre Albin Michel 2009

- Dictionnaire historique de la Résistance  sous la direction de François Marcot  Robert Laffont 2006

- Etat civil de Neuilly-sur-Seine (92) et de Paris (6ème)

- Fabre Marc-André Dans les prisons de Vichy Albin Michel 1995

- Fondation de la France Libre  www.France-Libre.net

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 169258)
 
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