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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
BERTHUET Lucien
 
 
Archives de la famille

est né le 18 janvier 1921 au domicile de ses parents au bourg de Varennes-sur-Tèche (03). Son père Eugène est maréchal-ferrant et sa mère Françoise née COTE est épicière.

Il travaille chez un charron à Varennes-sur-Tèche.
 
Photo: Archives de la famille.

Quatre membres de la famille BERTHUET, Lucien, son frère Roger et son épouse Raymonde enceinte de plusieurs mois ainsi que son père Eugène, sont pris dans la rafle du 18 mars 1944 à Cindré (03).
 

Selon le rapport de M.GRÉGOIRE, délégué régional du SRCGE (Service de Recherches des Crimes de Guerre Ennemis), le 18 mars 1944 à 5 heures du matin une colonne allemande de 250 militaires cerne le village de Cindré. Puis les agents de la Gestapo de Vichy allemands et français -dont BATISSIER- fouillent les maisons.
120 personnes sont gardées à vue, 13 sont arrêtées et internées à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03).

Dans l'ignorance de son sort, la famille BERTHUET prend une adhésion à l'association "Ceux de la Mal-Coiffée" au nom de Lucien le 23 mars 1945. 

Source du document ci-contre: Archives Municipales de Moulins 5 H 81.

Archives Municipales de Moulins 5 H 81
 

Sur les 13 personnes internées à la Mal-Coiffée, 4 sont relâchées dont le père de Lucien et sa belle-sœur Raymonde et 9 sont déportées.

3 sont rentrées.

BAYON Julien rentré

BERTHUET Lucien décédé

BERTHUET Roger décédé

DUCLÉROIR Amédée décédé

JÖNSSON Pierre décédé

PAWELCZYK Franciszek rentré

PÉRONNET Gaston décédé

RANDOIN Jean Maurice rentré

USSEL Etienne décédé

Selon le rapport l'interrogatoire portait «sur la Résistance et les parachutages effectués dans la région de Cindré.»

Les Allemands ne trouvent aucune arme, mais découvrent chez les BERTHUET des containers ayant servi à des parachutages.
 
Etaient-ils résistants? Deux témoignages recueillis (M.Paul CANTAT qui était boulanger à l'époque à Cindré, et Madame RABOTIN ) infirment cette idée. Par contre le beau-père de Roger, M. Joseph THEUIL, semble avoir fait partie de la Résistance. Les containers venaient-ils de lui? Pour les cacher ou simplement les réutiliser?

Interné à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03), Lucien BERTHUET est ensuite transféré à Compiègne le 16 avril.


Le 12 mai 1944 Lucien BERTHUET et son frère Roger sont déportés de Compiègne à Buchenwald où ils arrivent le 14 dans le convoi N° I.211. Lucien reçoit le matricule N° 49924 et Roger le N° 49922. Après la quarantaine leur route se sépare. Roger est affecté au Kommano d'Ellrich et Lucien au Kommando de Wieda.

Wieda: Kommando des KL Buchenwald-Dora. Situé dans le Harz, c'est le siège de la SS Baubrigade III, qui travaille sur des chantiers mobiles et dont l'activité est la construction d'une voie ferrée qui doit passer par ces lieux. Les détenus sont ensuite utilisés à la réparation des voies ferrées et au déblaiement des villes bombardées. A la fin d'août 1944 la Baubrigade III de Wieda compte près de 1000 détenus.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.


Il est ensuite affecté au Kommando d'Ellrich,

Ellrich: Ce Kommando, dépendant du camp de Dora, est constitué de bâtiments abandonnés d'une fabrique, avec un vaste terrain en friche, au sud de la ligne de chemin de fer de Herzberg à Nordhausen, à hauteur de la gare de la petite ville d'Ellrich. Entre mai et septembre 1944, on évacue vers Ellrich des milliers de détenus pour travailler sur des chantiers dépendants du "Sonderstab Kammler", qu'il s'agisse du creusement de galeries souterraines ou de tous les travaux de génie civil en surface.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.


 
Il est ensuite transféré au Kommando  de Nordhausen.

Nordhausen: Kommando des KL Buchenwald-Dora. Ce Kommando est situé à quelques kilomètres du camp de Dora et il fonctionne au service d'entreprises de la ville. Les détenus sont logés à la Boelcke Caserne où sont regroupés de plus en plus en 1945,des détenus inaptes au travail, extraits d'autres Kommandos comme celui d'Ellrich.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.


Il décède le 3 mars 1945 à Nordhausen selon l'état civil de Cindré et de  Varennes-sur-Tèche et le JO N° 185 du 12 août 1987.

"Mort pour la France"

"Mort en déportation"
suivant l'arrêté du Secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants en date du 18 juin 1987 paru au Journal Officiel N° 185 du 12 août 1987.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 54286), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française).
 
 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1,

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 908 W 27

- Archives de la famille

- Archives Municipales de Moulins 5 H 81

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand
 
- Entretien de l'AFMD de l'Allier avec Mesdames Hauswald et Rabotin et Messieurs Auguste Berthuet et Paul Cantat

- Etat civil de Varennes-sur-Tèche (03) et de Cindré (03)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- MemorialGenWeb  site Internet

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 54286)
 
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