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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
HONDE Auguste Marius
 
 
Archives de la famille

est né le 2 avril 1920 au domicile de ses parents au N° 183, Chemin du Rouet à Marseille (13). Son père Paul est mécanicien et sa mère Marie née BARD est tailleuse.

Il exerce tout d'abord le métier de manœuvre-maçon, puis celui de boulanger à La Panification Industrielle Cours Gouffé à Marseille de 1939 à juin 1940, puis manutentionnaire à la Maison Saint-Frères jusqu'en mars 1941. Il effectue 8 mois de Chantier de Jeunesse au Groupement 15 à Agay avant d'être employé à l'entreprise Henry Bernard à Marseille jusqu'en mars 1943. 

 Photo: Archives de la famille.
Archives de la famille Archives de la famille Baquié.
 
Document de gauche: Auguste HONDE au Chantier de Jeunesse. Source: Archives de la famille Honde.
Document de droite. De gauche à droite: Vincent BUIGUEZ, César BAQUIÉ, Auguste HONDE, Paul BAQUIÉ et Louis SIRICO. Assis au premier plan, un cultivateur non identifié.Source de la photo: Archives de la famille Baquié.
Selon la fille de  Paul BAQUIÉ ce dernier va venir se réfugier dans l'Allier avec ses deux frères, César et Richard, et ses copains de Marseille: Vincent BUIGUEZ, Auguste HONDE et Louis SIRICO.
 
Pourquoi l'Allier et la région de Meillard-Treban? Sans doute parce que Paul BAQUIÉ a côtoyé au camp de Mauzac en Dordogne les 9 hommes de Meillard-Treban arrêtés le 9 novembre 1941 et internés dans ce camp.

On peut penser qu'ils sont venus dans l'Allier après le 16 février 1943, date de l'instauration du STO (Service du Travail Obligatoire) qui concerne les classes 1920-21-22.

En effet ils sont tous nés entre 1920 et 1922:

César BAQUIÉ né le 9 avril 1920 à Marseille (13)

Paul BAQUIÉ né le 22 septembre 1921 à Marseille (13)

Vincent BUIGUEZ né le 3 janvier 1922 à Tunis (Tunisie)

Auguste HONDE né le 2 avril 1920 à Marseille (13)

Louis SIRICO né le 5 mai 1920 à Marseille (13)

Ils sont répartis dans plusieurs domaines. les BAQUIÉ chez Georges et Germaine BOURDOIS à Lalut commune de Treban, Louis SIRICO au Latais commune de Meillard, Vincent BUIGUEZ aux Champs commune de Meillard et Auguste HONDE à Champcourt commune de Treban chez Emilienne BIDET dont le mari est prisonnier de guerre.

Bien sûr ils participent aux travaux de la ferme: foins, moissons entre autres.

Il est arrêté –ainsi que César BAQUIÉ- le 1er septembre 1943 par la brigade de gendarmerie du Montet sur mandat d'internement du Préfet Régional de Clermont-Ferrand en date du 25 août 1943. Comme motif il est indiqué «Astreint à résider au Centre de Séjour Surveillé de Saint-Paul-d'Eyjeaux (Haute-Vienne)».

Auguste HONDE –ainsi que César BAQUIÉ- figure dans le relevé mensuel de septembre 1943 des internements pour la Section de Gendarmerie de Gannat avec comme motif «Dangereux pour la Défense Nationale». Il est accusé d'avoir perpétré plusieurs actes de sabotage sur du matériel à agricole à Treban, ce qu'il nie.

Ils sont transférés  début septembre 1943 au Centre de Séjour Surveillé de Saint-Paul-d'Eyjeaux (Haute-Vienne), puis vers le 24  octobre 1943 au camp d'internement de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Il y continue la résistance selon les Archives Départementales du Tarn (493 W 126), "Convoqué au commissariat du camp en vue de sa libération éventuelle, Honde a refusé catégoriquement de s'y présenter. Lors des incidents qui se sont produits au camp le 4 février 1944 à la suite d'un départ d'internés pour l'Organisation Todt, Honde a également refusé de se désolidariser des meneurs et, de ce fait, s'est vu notifier un avis défavorable à sa libération du camp".
 
Archives de la famille Archives de la famille
 

Document de gauche: Photo prise au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe en avril 1944. Auguste HONDE est au milieu au dernier rang. Paul BAQUIÉ est au 1er rang le 3ème en partant de la droite. Source de la photo: Archives de la famille HONDE.

Document de droite: Lettre écrite par Auguste HONDE à ses frères le 30 juillet 1944. Source: Archives de la famille.

Fidèles à leurs habitudes les nazis vident les prisons et les camps en France avant de se replier vers l'Allemagne. Ils font pression sur la direction du camp de Saint-Sulpice-la-Pointe pour qu'elle leur remette les prisonniers, ce qu'elle accepte de faire.

Le 31 juillet 1944 Auguste HONDE est déporté en compagnie de Paul BAQUIÉ, Claude BELIN et de Gilbert BIDET de Toulouse à Buchenwald où il arrive le 6 août dans le convoi N° I.252. Il reçoit le matricule N° 69905 et après la quarantaine il est transféré au Kommando de Plömnitz

Plömnitz: Dès 1941 l'état-major allemand et la firme Solvay s'étaient mis d'accord pour utiliser les mines de sel de Plömnitz. Au mois d'août 1944 il est décidé d'installer une usine souterraine de munitions. Les détenus (plus de 1300 en janvier 1945) sont évacués en avril 1945.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il est libéré à une date et dans un lieu non connus. Il rentre le 2 mai 1945 et  est admis à l'Hôpital Bichat à Paris le 7 mai pour en sortir le 16.
 
Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 295292), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française).

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Source des documents ci-dessus: Archives de la famille.
 
Le 27 juillet 1946 il épouse Raymonde BASTIEN à Marseille.

Il décède à Robion (84) le 12 mai 2007.

 
Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 1289 W 51, 1289 W 64 , 1580 W 13,

- Archives Départementales de la Haute-Vienne 993 W 301  Fonds de la Préfecture

- Archives Départementales du Tarn 493 W 126  et  493 W 48 (transmis par Jean-Philippe Lantes)

- Archives de la famille

- Etat civil de Marseille (13)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Témoignage de Lucien Depresles
 
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